Capucine
Par Gilles le mardi 18 janvier 2011, 14:00 - Auteurs - Lien permanent
Bonjour Capucine. Mais qui se cache sous ce joli nom de fleur ? Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour ! J’ai 31 ans je suis maquettiste et maman, et quand la nuit tombe, je me transforme en dessinatrice de BD !
Question traditionnelle : comment êtes-vous arrivée à la BD ? Quel a été votre parcours ?
J’ai fait une prépa aux arts décoratifs après un bac lettres/langues, puis je suis entrée dans une école d’arts graphiques. J’ai ensuite été maquettiste dans différentes agences, puis vers 2002 j’ai rencontré Mélaka qui m’a donné envie de me remettre à dessiner. Lorsque je suis tombée enceinte, j’avais constamment envie d’en parler, du coup le scénario de ma première BD était tout trouvé.
Avez-vous été influencée par des auteurs de BD particuliers ? Quelles sont vos préférences en matière de littérature, de cinéma ?
J’aime beaucoup Blutch et Baudoin, Goossens, Fred et beaucoup d’autres encore. Concernant la littérature, j’aime beaucoup la poésie, Prévert, Eluard et Victor Hugo, et Baudelaire aussi. Les romans ou nouvelles de Zweig, Gogol, Kundera, John Fante. Puis aussi Cavanna. Et les romans policiers de Conan Doyle, PD James, Agatha Christie, Patricia Cornwell, Mary Higgins Clark,...
Et pour les films, en vrac, j’aime Les Enfants du Paradis, Edward aux mains d’Argent, The Party, les Monty Pythons, Le Roi et l’Oiseau, Chantons sous la Pluie, le Silence des Agneaux, Réanimator, Brain Dead, Evil Dead...

© La lune d'après Jacques Prévert - Capucine
Vous avez publié en 2004 Corps de rêve chez Le Cycliste, qui se présente comme un journal intime durant votre grossesse. Le sujet s’est-il en quelque sorte imposé à vous ? ou avez-vous eu le sentiment de vous inscrire dans un courant de l’écriture autobiographique ?
© Capucine - Le Cycliste 2004
Comme j’expliquais juste avant, j’ai eu envie de dessiner, je suis tombée enceinte, ça me semblait évident de le raconter. Au début je n’avais pas l’intention de le publier, enfin je veux dire que je n’imaginais pas que c’était «publiable» car je n’avais jamais fait de BD, je mettais mes planches en ligne au fur-et-à-mesure sur mon site, puis les gens (amis ou inconnus), m’ont encouragée à le publier.
Parlez-nous du choix du graphisme : noir et blanc, dessin « simplifié » qui peut faire penser à Marjane Satrapi ou à Melaka ( et sans doute d’autres qui ne me reviennent pas à l’esprit maintenant ). Pensez-vous qu’il y a une écriture BD spécifique aux femmes ?

© Capucine
Mon graphisme à l’époque était le graphisme de quelqu’un qui n’a jamais fait de bande dessinée, et qui n’a pas dessiné depuis longtemps ! On m’a souvent parlé de Marjane Satrapi effectivement, concernant Corps de Rêves, je pense que c’est dû effectivement au noir et blanc, aux masses de noir, et peut être aussi au fait que l’on se représente dans notre BD et qu’on est toutes les deux brunes avec un graine de beauté entre les 2 yeux ! Mais par exemple, sur cet album, à l’époque, j’étais (dans ma tête tout au moins) beaucoup plus influencée par Edmond Baudoin. Même si j’aime beaucoup les livres de Marjane Satrapi.
Concernant l’écriture spécifique aux femmes, quand on voit la différence de dessins et de narration entre Tanxxx, Aude Picault, et Virginie Augustin par exemple, je pense qu’on peut affirmer qu’il y a autant d’écriture BD spécifique aux femmes, que d’écriture BD spécifique aux hommes !
En 2005, vous avez publié, toujours chez Le Cycliste, Le Philibert de Marilou avec un scénariste cette fois, Olivier Ka. Comment s’est faite la rencontre ?
En vacances, avec Mélaka (qui est sa soeur). Il aimait mes dessins et moi ses histoires, on était faits pour se rencontrer !

Pour voir la planche entière, cliquez sur l'image © Capucine
On quitte ici la légèreté du précédent album pour aborder quelque chose de plus sombre. Ce monstrueux Philibert ressemble-t-il à quelques-uns/unes d’entre nous ?
Il ressemble à ce qu’on peut avoir à l’intérieur de nous quand on ne va pas très bien.
Qu’est-ce qui vous a fait quitter l’écriture autobiographique ?
Je n’avais tout simplement plus rien d’intéressant à raconter sur ma vie !
En 2007, donc tout récemment, vous publiez, chez Les Enfants Rouges, Nous n’irons plus ensemble au canal Saint Martin . C’est un collectif. Parlez-nous de cette expérience : les co-auteurs ( co-scénaristes, co-dessinateurs ), le partage des tâches, comment parvenir tout de même à une unité ? etc …

© Capucine - Les enfants rouges 2007
Sibylline et Loic Dauvillier ont «fabriqué» l’histoire. Comme j’aimais beaucoup les textes de Sibylline, je lui ai proposé d’y participer. Il se trouve que les 2 autres auteurs sur le coup, Jérôme et François, dessinent aussi avec la même technique mais dans un style assez différent, du coup les histoires se sont bien enchaînées, chacune avec leur personnalité.
Et ce nouvel éditeur ?
Super !
Où finalement vous sentez-vous le plus à l’aise : le journal intime, le récit …
J’aime faire des choses très différentes, je suis à l’aise quand j’alterne les styles et les écritures.
Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Quels sont vos projets ?
Je viens de terminer une participation à un collectif érotique chez Delcourt intitulé Premieres fois, sur les premières fois de filles. Le scénario est de Sibylline et il paraîtra en mai 2008. Sinon j’ai commencé à écrire une histoire policière, mais c’est très compliqué à ficeler alors ça avance doucement. Puis j’ai commencé une autre histoire avec Olivier Ka avec des gens très beaux et très sportifs. Puis sinon j’illustre régulièrement des articles sur le paranormal dans le journal anglais Fortean Times.

© Capucine
Merci. Et si vous voulez rajouter quelque chose, n’hésitez pas !
Merci à vous ! à bientot !
Interview réalisée le 01/03/2008 par Monique Saltet pour le 6ème Festival de BD de Massillargues-Atuech, « Des bulles dans la Cartagène ».
