Walter Robin
Par Gilles le dimanche 16 janvier 2011, 20:42 - Auteurs - Lien permanent
En quelques mots, pouvez nous décrire votre parcours pour arriver à la bande dessinée ?
Je dessine et écris des bandes dessinées depuis l'âge de 10 ans. A l'époque, je réinventais les histoires des héros de mes dessins animés préférés (Dragon Ball, Les chevaliers du Zodiaque...) et je les offrais à mon petit frère. Après un bac général, j'ai fait des études d'art graphique, suis passé par les Beaux Arts d'Angoulême, et ai finalement continué ma formation en autodidacte.
Je dessine et écris des bandes dessinées depuis l'âge de 10 ans. A l'époque, je réinventais les histoires des héros de mes dessins animés préférés (Dragon Ball, Les chevaliers du Zodiaque...) et je les offrais à mon petit frère. Après un bac général, j'ai fait des études d'art graphique, suis passé par les Beaux Arts d'Angoulême, et ai finalement continué ma formation en autodidacte.
Pourquoi vous êtes vous lancé dans la réalisation de KZ Dora ?
Lorsque j'ai découvert l'Histoire de ce camp, j'ai réalisé que trop peu de choses avaient été écrites sur le sujet de la déportation des résistants. Un sujet qui me tenait évidemment très à coeur, vu que mon grand-père était revenu de Dora. C'est donc un travail de mémoire, aussi bien q'un hommage à mon grand-père.

© KZ Dora - Robin Walter - Des ronds dans l'O 2010
Ce fut facile de trouver un éditeur pour votre projet ?
Après avoir reçu mon projet, Marie Moinard, Des ronds dans l'O, a très vite réagi, me démontrant son envie de faire ce livre. J'ai été vite convaincu qu'elle avait compris ce que je voulais faire, et qui je voulais toucher comme public.
Et quel est ce public que vous voulez toucher ?
Les anciens déportés ont, pour beaucoup, eu du mal à communiquer sur leur passé concentrationnaire. Leurs familles connaissent souvent mal leur histoire. Les informer, les aider à comprendre ce qu'ils ont pu vivre, cela m'importe. C'est pour cela qu'il était important d'être soutenu par l'association Buchenwald-Dora ou la commission Dora-Ellrich, qui peuvent communiquer auprès de ces familles. En plus des habituels passionnés de BD, ou des passionnés d'Histoire, je voulais donc que ce public soit également touché.

© KZ Dora, études - Robin Walter - Des ronds dans l'O 2010
Pourquoi avoir choisi de relater une fiction sur des faits historiques plutôt que de raconter la véritable histoire de votre grand-père?
Je voulais raconter l'histoire du camp de Dora. Et y lier l'expérience de mon grand-père. C'était le point de départ. Très vite, j'ai décidé d'écrire un scénario chorale qui me permettait de diversifier les points de vue, et surtout, à travers le personnage du scientifique travaillant sur les fusées V2, d'expliquer les raisons qui ont poussé les Nazis à construire le camp. Enfin, 4 personnages étant fictifs, cela me gênait que le 5ème ne le soit pas. C'est pourquoi le personnage ayant le parcours de mon grand-père ne porte pas son nom.
En plus du journal de Pierre Walter, avez-vous effectué un travail de recherche pour représenter graphiquement ces évènements et pour les relater ?
Je me suis documenté sur le plan graphique avec une multitude de photos et de films. Et puis surtout, je me suis rendu sur les lieux (Buchenwald, Dora, Peenemünde, Compiègne...) où on a su faire perdurer la mémoire, en y installant des musées et mémoriaux. J'ai recueilli de nombreux témoignages d'anciens déportés lors de voyages organisés par l'association Buchenwald-Dora ou la commission Dora-Ellrich. Sur le plan de la véracité historique, je me suis appuyé sur l'oeuvre très complète d'André Sellier (l'histoire du camp de Dora) et ai reçu l'aide d'autres historiens sur des points plus ou moins précis.
Pouvez nous expliquez votre choix de réaliser KZ Dora en noir et blanc ?
C'est un choix qui a été fait avec mon éditrice. J'étais d'accord avec elle sur le fait que mon dessin, tout en masses de noir, se lisait bien sans couleur. Et comme le noir & blanc collait bien au thème, c'était logique de ne pas ajouter de couleur.


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© KZ Dora, planche 22 - Robin Walter - Des ronds dans l'O 2010
Pensez vous que l’on peut aborder tous les thèmes en BD ?
Aujourd'hui, oui, car la BD intéresse tous les publics, désormais. Après, je reconnais que pour certains thèmes, il faut faire plus attention que pour d'autres. Il faut se poser certaines questions sur le plan éthique. Je pense néanmoins qu'une oeuvre doit pouvoir faire réfléchir le lecteur/spectateur, sur n'importe quel thème.
Votre album est préfacé par Stéphane Hessel. (Résistant, réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, co-rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, écrivain)
J'ai énormément d'estime pour Stéphane Hessel et son œuvre en général. Le fait qu'il ait accepté de préfacer mon album est une grande chance et un immense honneur pour moi.
Vous êtes en train de travailler sur le second tome, à quand sa sortie ?
J'avais écrit le scénario dans sa globalité. Il me reste donc à continuer le découpage et le dessin. La seconde partie de KZ Dora sortira en octobre 2011.

© KZ Dora, études pour T2 - Robin Walter - Des ronds dans l'O 2011
Et après KZ Dora ?
J'ai beaucoup de projets. De nombreux thèmes m'intéressent. J'essaie de travailler dessus, mais c'est difficile de trouver le temps. Ma priorité est de livrer le plus vite possible aux lecteurs, la fin de KZ Dora.
Interview réalisée par Gilles Triboulet le 17 janvier 2011 pour la 9e édition du Festival BD de Massillargues-Atuech.
