Dans « Automne à Hanoï » , vous abordez clairement un intérêt « exotique » ( je pense d’ailleurs que ce qualificatif ne vous convient guère … ). Quelle était votre intention première : un abord autobiographique ou le fait de donner à voir une ville, une civilisation, une jeunesse vietnamiennes ?



© Automne à Hanoï - Clément Baloup - Edition La boite à bulles
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Non, justement l'exotisme ne fait pas partie de mon propos. L'intention première est de retranscrire une expérience vécue, en l'organisant comme un portrait kaléidoscopique de la ville.

Fallait-il passer par cette étape pour aborder « Quitter Saïgon » qui a une connotation plus historique?

Les projets s'enchaînent comme les jalons d'un parcours, avec un mélange de hasard et de réflexion sur le chemin déjà parcouru.

Pourquoi fallait-il mettre en scène ces différents récits? Ne pas vous poser comme historien détenteur d’une vérité, mais plutôt comme le porte-parole de quelques expériences vécues?

L'historien se veut objectif, l'artiste lui, assume son regard subjectif. Ensuite, comme ce sont des faits réels l'enjeu est d'être juste. Voilà comment j'ai travaillé.



© Monk Khéo - T1 Le vaurien - Clément Baloup - Edition carabas

Dans ce genre qu’est la BD comme témoin, où vous sentez-vous le plus à l’aise : dans le témoignage, l’autobiographie, l’histoire… ?


Tous les genres m'intéressent. 


© Monk Khéo - T1 Le vaurien - Clément Baloup - Edition carabas


Vous avez parfois travaillé avec un scénariste ( Mathieu Jiro sur « le chemin de Tuan » et Domas sur « l’auberge pourpre » ). Qu’est-ce qui vous fait choisir ce mode de fonctionnement ?


Erreur : je suis scénariste pour Jiro et Domas qui sont dessinateurs. Travailler un projet à plusieurs peut être une formidable aventure où l'on va se surprendre soi-même.

Dans votre travail, on remarque particulièrement la couleur. Avez-vous des références précises à des peintres ou des écoles de peinture ?

Il y a des influences multiples, je vais chercher du côté d'Hiroshige, de Turner, de l'école de Barbizon mais aussi dans le cinéma de Wong Kar Wai ou dans la laque traditionnelle vietnamienne. 

 


© Chinh Tri - T1 Le chemin de Tuan - Clément Baloup / Mathieu Jiro - Edition Seuil

Votre dernier album Mong Kheo se situe toujours dans ce pays qui vous tient à cœur, mais quitte la réalité pour aborder le conte, la légende. Pourquoi ce changement ?

Une envie de m'attaquer à un autre type de récit, dans la construction et le thème, qui me rapproche de certaines lectures épiques qui m'ont toujours plu.

Quels sont vos projets ? à court terme ? à plus long terme, si vous en avez ?

Bientôt sortira avec Mathieu Jiro au dessin, chez Bayou, Diables sucrés un conte horrifique prenant comme héros des collégiens et des créatures surnaturelles. Je vais aussi continuer le travail sur les témoignages de la communauté vietnamienne qui a dû s'exiler pendant la guerre du Vietnam.et enfin, le 2e tome de Mong Khéo sortira pour l'automne prochain.

Interview réalisée par Monique Saltet le 5 mars 2009 pour le 7e Festival de la Bande Dessinée de Massillargues-Atuech.