Comment furent publiées vos premières planches ?

J’ai rencontré Melaka sur le forum du Psiko, et elle m’a un peu poussé à envoyer des trucs à Paul Carali. C’est lui qui a publié mes premières planches. Après, j’ai travaillé au Psikopat pendant un petit bout de temps!

 

 

En 2004, vous apparaissez dans le journal de Spirou. De quelle manière s’est présenté cette opportunité ?

 

J’ai envoyé des histoires en une page à Thierry Tinlot qui était rédac chef de Spirou à l’époque. Il m’a rappelé (il trouvait ça rigolo) et m’a demandé de passer le voir avec des planches et des histoires, il voulait en voir un peu plus. Dans le carton que j’ai ramené il y avait les deux premières histoires de Jacques. Voilà, j’ai vendu Jacques à Spirou ce jour là et finalement les planches que j’avais envoyées ne sont jamais passées...

 

 © Libon - Spirou n° 3584 - Editions Dupuis 2006


Dans Jacques le petit lézard géant, vous travaillez seul depuis le scénario jusqu’à la mise en couleurs. Il s’agit là de votre oeuvre la plus personnelle ?

C’est plutôt une façon de travailler. J’écris mes histoires, ça me semble naturel de les dessiner ensuite. Bon, et puis une fois dessinées, je fais les couleurs aussi, hein... Je fais pareil avec Hector Kanon dans Fluide Glacial, ou Tralaland (dans les hors série de Dlire, chez Bayard). Bien sur, je raconte des choses qui me font rire ou qui me touchent, chaque série est «la plus personnelle» à sa façon...

 

  

Pour voir l'intégralité des planches cliquez sur les images - © Libon - Jacques, le petit lézard géant - Editions Dupuis 2007


Un petit lézard géant, ce ne fut pas trop difficile d’imposer un tel personnage qui plus est radioactif ?

Curieusement non... En même temps il est pas radioactif dans l’histoire, ça serait devenu franchement compliqué pour lui... Il y aura un tout petit peu de radioactivité dans la suite, mais ça sera dans le jardin où il a été bombardé, dans un petit coin.

Vous réalisez un strip avec Sergio Salma toujours dans Spirou : Animal lecteur. Comment s’élabore ces cases hebdomadaires ?

 

© Libon & Salma - Editions Dupuis 2006


Sergio est un scénariste parfait. Il m’envoie par mail des scénarios qu’il dessine (bien, en plus). Il a sa vision du strip, du découpage, des dialogues, il est très précis. Il a toujours une idée qui traîne (à vrai dire il a plutôt toujours dix idées qui traînent en même temps). On a du faire 150 strips et il n’a pas l’air de faiblir... Je vois rapidement où il veut en venir et je n’ai plus qu’à dessiner tout ça avec des têtes de crétins !

Peut-on espérer une parution en album d’Animal Lecteur ?

On espère que ça va se faire oui. On y travaille !

Et puis, Hector Kanon apparaît dans les pages de Fluide glacial. Une BD autobiographique ?

 

© Libon - Hector Kanon - Editions Audie-Fluide Glacial 2007


Pas du tout. Il navigue dans des univers qui me sont complètement incompréhensibles... Le fait que je sois complètement à coté de la plaque niveau branchitude m’aide beaucoup. Hector, c’est ce que ça donnerait si je décidais d’avoir sa vie et sa grande gueule: une catastrophe. Il y a quand même des situations où je me suis inspiré de moi. Dans l’épisode du petit café à l’ancienne, je suis plus ou moins dans tous les personnages...

Vous avez un style graphique très caractéristique. Dans Hector Kanon, certains personnages féminins y «échappent» comme Véro. Pourquoi ce choix pour les représenter ?

 


© Libon - Hector Kanon - Editions Audie-Fluide Glacial 2007


C’est une façon de placer les «belles filles» dans un autre univers, c’est deux dimensions différentes. Je les ai dessinées comme ça naturellement, ça donne rapidement un indice visuel pour comprendre que c’est mal barré pour Hector. Ca marcherait moins bien si elles avaient des têtes comme lui. Il faudrait mettre une pancarte «jolie fille» à coté !

Les récits d’Hector Kanon et de Jacques le petit lézard géant sont construits sur la base d’histoires courtes. N’êtes vous pas tenté par le développement d’une histoire en 44 pages ?

Je suis plus à l’aise dans ce format. Dans Jacques, j’ai suivi un fil rouge que j’ai découpé en petites histoires avec une rencontre différente à chaque fois. Pour Hector, ça correspond bien à son état d’esprit. Il ne peut pas rester concentré sur une chose plus de cinq minutes, il faut que ça bouge. Mais bon si l’envie me vient, ou si j’ai une histoire plus longue en tête, pourquoi pas ?

On a pu vous voir en acteur dans un roman photo de Fluide Glacial, c’est Léandri qui vous a obligé ?


© Libon & Capucine - Léandri - Editions Audie-Fluide Glacial 2007


Non non, il a envoyé un mail et on a accepté avec joie (avec Capucine - Fluide Glacial n°379, janvier 2008 NDLR). C’est marrant de se retrouver dans un roman-photo de Léandri... On a passé un après-midi à chercher des stations de velib’ vides pour faire des photos. On devait être les seuls à parcourir Paris à pied en espérant trouver des stations sans vélos...

Quels sont vos projets pour 2008 ?

Continuer tout ça.

Interview réalisée le 01/03/2008 par Gilles Triboulet pour le 6ème Festival de BD de Massillargues-Atuech, « Des bulles dans la Cartagène ».